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NOBORDER A LESBOS, 25-31 8 2009
Nous vivons dans un monde violent, injuste et tourné vers le profit.
Depuis des siècles, les états nations et les patrons exploitent la terre et ses habitants pour s’enrichir et perpétuer leur domination, laissant derrière eux mort, destruction et déracinement.
Les millions d’êtres humains qui ressentent dans leur chair les différentes guerres (préventives ou non), la faim, la destruction de l’environnement et le pillage des ressources naturelles de leur territoire ne sont pas tombés du ciel.
Ils sont les victimes des politiques nationales et internationales qui soutiennent le capitalisme. En même temps ils sont les responsables de la montée du problème de l’émigration et des frontières, point de tensions inextricables pour ceux et celles qui luttent pour la destruction de ce système.
En captivité, au plus bas niveau de la hiérarchie sociale, les émigrants réfugiés subissent l’écrasante pression de la combinaison du pouvoir et de l’exploitation, les conduisant vers une clochardisation certaine.
EN MER
A Lesbos, aux frontières de la « forteresse-Europe », des milliers d’émigrants réfugiés, femmes, hommes et enfants, sont obligés de traverser, par n’importe quel moyen, la frontière liquide qui les sépare d’une vie digne d’être vécue.
Les gardes cotes grecs et leur « entreprise de découragement sécurisé » représentent leur premier contact avec le « rêve européen »: assassinats, naufrages provoqués des barques, tortures, vols, brimades constituent l’accueil du gouvernement grec.
Ces deux dernières années, à cette entreprise coopèrent également, avec des moyens aériens et maritimes, FRONTEX (organisme européen pour la gestion des frontières extérieures de l’Union Européenne).
FRONTEX est en fait un mécanisme de répression paramilitaire et indépendant, qui a été élaboré pour former les autorités locales afin de coordonner et homogénéiser le contrôle des frontières.
En commençant par les frontières, ils promeuvent la militarisation de toute la société.
A L’ARRIVEE
Une fois sur la terre ferme, les émigrants réfugiés sont entassés dans les centres d’accueil (modernisés ou pas) qui se multiplient sur tout le territoire grec.
Dans la logique des Lagers – camps de concentration nazi – ils rappellent que la gestion des populations par la souveraineté du U956 peut fonctionner au delà des limites de la légalité civile, en situation d’urgence exceptionnelle, et peut s’étendre à tous les citoyens européens.
Ces prisons ont été élaborées pour normaliser le flux migratoire vers l’Europe et afin de punir les émigrants refugiés pour leur seul « crime »: l’absence de papier.
A la prison locale de Pagani, dans des conditions misérables, les émigrants sont fichés, sont triés entre utiles ou non, expulsés immédiatement ou pas.
Ils apprennent à être dociles et sont éduqués à accepter leur supposée infériorité, c'est à dire tout ce que la machine capitaliste considère comme qualités nécessaires pour l’esclavage d’aujourd’hui.
AU TRAVAIL
Le paradis de l’emploi qui a été mis au point par les patrons est ici et les attend.
Il les attend parce qu’ils sont nécessaires et qu’ils tombent comme une pluie d’or sur l’économie capitaliste mondiale.
Mais sous certaines conditions de base: sans papier, sans droit, comme main d’œuvre bon marché pour les grands et petits patrons, précaires, au noir, avec des rétributions basses ou nulles, confrontés au racisme devenu institution et à la xénophobie socialement répandue.
Une image du futur, mais aussi du présent, et des travailleurs «locaux», que seule la solidarité sociale effective et le développement de la lutte commune avec les émigrants réfugiés peut renverser.
Dans ce contexte, à la suite de la rencontre NO BORDER de Calais, du 23 au 25 juin 2009 en continuation des rencontres NO BORDER dans le monde entier, on se retrouvera à Lesbos du 25 au 31 Aout 2009.
Nous commençons par ce qui ne supporte aucun compromis: liberté de mouvement pour tous et toutes, à l’intérieur et l’extérieur des frontières nationales.
Nous nous opposons aux conditions de séquestration que subit une grande partie de la population mondiale.
Nous refusons toute séparation artificielle et oppressive entre êtres humains avec ou sans papier.
Contre les Lagers contemporains et les idéologies des états-ethnies, nous organisons les réponses et notre résistance pour un monde sans frontière, sans patrie et sans papier d’identité.
En décembre dernier, locaux et émigrants, nous sommes retrouvés tous ensemble dans la rue contre tout se qui nous empêche de vivre.
Nous avons développé et cultivé des liens anciens et nouveaux, en prenant conscience, entre autre, d’une grande vérité: dans le monde des patrons nous sommes tous des étrangers.
A bientôt
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